GrDF 2030

La vision de GrDF en 2030 sur la demande, les ressources et les réseaux. Bon visionnage !

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Congrès du gaz Paris 2011

Le Congrès du gaz 2011 aura lieu les 14 et 15 septembre 2011 à Paris. Plus d’information et inscription sur www.congresdugaz.fr

J’y animerai l’atelier n°10 “Quel mix énergétique pour le futur ?”.

Face aux nouvelles perspectives énergétiques et aux objectifs environnementaux ambitieux, quelle sera la place du vecteur gaz au sein d’un futur mix énergétique équilibré ? Comment le vecteur gaz peut-il répondre à la nécessité de réduire la consommation des énergies les plus polluantes et de développer les énergies renouvelables ? Quelle flexibilité particulière offre ce vecteur ? Quelle évolution du vecteur gaz avec l’intégration de ressources prometteuses comme le biométhane ou l’hydrogène et le développement d’usages performants tels que la production décentralisée d’électricité ou encore les combustibles gazeux pour la mobilité durable ?

Rendez-vous le 15 septembre à 17h15 !

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Voyage au bout de l’ampoule

Allons, va fermer la lumière au fond ! lui ordonna Martrodin encore. On voit bien que c’est pas toi qui la payes l’électricité !

Celine – Voyage au bout de la nuit

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Cela permettra de respirer

- Ce qui était normal hier ne l’est plus aujourd’hui, monsieur le procureur général. Désormais, quelle que soit l”allure du véhicule, nous considérons qu’elle est excessive. Nous détruisons les voitures, toutes les voitures sans exception, ainsi que les autres types de machines.

- Vos fusils aussi ?

- Leur tour viendra, à eux aussi, s’il reste assez de temps. Il se peut en effet que nous mourions tous demain ou après-demain. Vous savez bien que notre terre souffre d’un terrible phénomène de surpopulation. Enfin cela permettra de respirer.

 

Herman Hesse – Le Loup des Steppes – 1927

 

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Habitat Facteur 4

Étude d’une réduction des émissions de CO2 liées au confort thermique dans l’habitat à l’horizon 2050

Jean-Pierre Traisnel ; Damien Joliton ; Marie-Hélène Laurent ; Sylvie Caffiaux ; Anthony Mazzenga
Les Cahiers du CLIP N°20/2010. Iddri, 2010. 104 p.

Une publication téléchargeable sur le site de l’IDDRI : http://www.iddri.org/Publications/Les-cahiers-du-CLIP/Habitat-Facteur-4

Synthèse

L’objectif des lois du Grenelle de l’environnement de 2009 et 2010 est de réduire la consommation énergétique de la France de 17% par rapport à la tendance en 2020. Le secteur du bâtiment concentre une grande partie de ces efforts avec une réduction de la consommation énergétique du parc bâti existant de 38%, auxquels s’ajoute le renforcement de la réglementation thermique dans le neuf vers le standard Bâtiment à Basse Consommation (BBC). Alors que les décrets d’application seront adoptés dans les mois prochains, le chemin pour parvenir à un tel objectif reste aujourd’hui en débat. Il est probable que les mesures prévues dans le Grenelle 2, restant basées sur des incitations fiscales et l’approfondissement du Diagnostic de Performance Énergétique, ne seront pas suffisantes pour relever ce défi. L’étude publiée dans ce Cahier du CLIP se veut être une contribution à ce débat.

Ce travail d’élaboration de scénarios de réduction par 4 des émissions de CO2 dans le secteur de l’habitat en France à l’horizon 2050 fait suite aux précédentes études menées par le CLIP dans ce secteur. La première, publiée en 2001, soulignait l’importance de la rénovation des bâtiments existants pour parvenir à des réductions significatives dans un parc qui évolue peu. Trois autres études ont suivi, sur le solaire thermique, la cogénération et les pompes à chaleur dans l’habitat. Au moment où l’initiative du Grenelle de l’Environnement était lancée, le CLIP a souhaité engager cette étude plus globale, évaluant de manière approfondie les gains d’efficacité énergétique pouvant être obtenus par la rénovation du parc en fonction de ses caractéristiques, de la nature des gestes de réhabilitation envisageables, du rythme nécessaire, et enfin du choix des énergies mobilisées pour atteindre le facteur 4.

Le choix a été fait d’une évolution tendancielle du parc en ce qui concerne le nombre de logements, la part des maisons individuelles et des logements en immeubles collectifs dans les constructions neuves, ou encore les surfaces habitables par personne atteignant 45m2 par personne en 2050. Il n’y a donc pas à ce stade d’inflexion prise en compte dans les modes de vie. En revanche, l’étude fait le pari d’un urbanisme maitrisé, en référence aux objectifs du Grenelle, se traduisant par un tissu urbain continu en périphérie des villes qui rend possible, dans certains scénarios, un développement important des réseaux de chaleur.

L’étude présente un scénario unique concernant l’évolution de la performance énergétique du parc, tant dans la rénovation que dans la généralisation des normes BBC et BEPOS (Bâtiment à énergie positive) dans le neuf. Ce scénario, qui vise à exploiter en très large partie des potentiels de maîtrise de l’énergie dans l’existant, comporte des mesures de réhabilitation dans l’ensemble des logements construits avant 2001. Des bouquets de mesures ont été définis en fonction d’une typologie du parc et nos scénarios ne conduisent donc pas à une performance énergétique uniforme après réhabilitation. Les caractéristiques propres du bâti, tant de l’enveloppe que du type d’implantation urbaine, déterminent ainsi la portée des gestes techniques réalisables.

Des scénarios alternatifs sur le mix de d’approvisionnement énergétique des logements sont en revanche proposés, introduisant pour chacun une hiérarchie différente entre les énergies renouvelables, le gaz naturel et l’électricité. Enfin, un bilan est tiré de chaque scénario en termes d’émissions de CO2 , accompagné d’une étude de sensibilité selon le contenu en CO2 du kWh électrique. L’atteinte du facteur 4 fait ainsi largement appel aux énergies renouvelables sous forme du bois énergie (souvent couplé à un développement important des réseaux de chaleur), du solaire thermique pour l’ECS, et de la chaleur puisée à l’environnement par les pompes à chaleur. Quelque soit le scénario, l’étude souligne l’ampleur de la mutation nécessaire du parc pour parvenir à une réduction par 4 des émissions de CO2 et l’importance du recours à des politiques publiques fortes pour assurer un rythme de réhabilitation soutenu. Certes, l’objectif du Grenelle (réduction des consommations d’énergie pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire de 38% en 2020) est atteint dans tous les scénarios, et l’amélioration du bâti permet une réduction des besoins de chauffage de 50% à 60% à l’horizon 2050. Mais ce résultat est atteint au prix d’un rythme soutenu de réhabilitation de 400 000 logements par an (dont 20% de logements sociaux), et d’une mise en oeuvre systématique des bouquets de mesures techniquement envisageables dans les différents sous-secteurs du parc.

Les conclusions mettent ainsi en avant l’importance d’opérations de réhabilitation programmées à large échelle, allant bien au-delà des instruments incitatifs disponibles actuellement. De nombreux facteurs, non pris en compte dans cette étude, pourraient conduire à nuancer les résultats de manière positive ou négative : la prise en compte des comportements et de l’effet rebond en particulier, l’évolution des logements et de leur usage sous l’effet de l’évolution des revenus et des prix, les avancées technologiques pour les matériaux ou les systèmes de gestion de l’énergie, etc. Cet exercice de quantification est forcément réducteur, mais permet d’évaluer en ordre de grandeur l’impact de certains choix. Souhaitons qu’il induise un débat au sein de l’ensemble des acteurs, permettant de l’enrichir par de nouveaux prolongements.

Michel Colombier, Directeur du CLIP
Carine Barbier, Iddri

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La nationalisation s’impose

C’est ainsi que les sources principales de l’énergie sont mises aux mains de l’Etat. Dès 1944 est institué le Groupement national des houillères du Nord et du Pas-de-Calais, auquel s’ajouteront bientôt celles de la Loire. Un peu plus tard, le gouvernement décidera de prendre sous son contrôle la production et la distribution d’électricité et de gaz. La réalisation suivra à mesure que les dispositions auront été précisées. En 1945, sera crée le “Bureau des pétroles”, chargé de susciter, de mettre en œuvre, de coordonner, tout ce qui concerne la recherche et l’industrie des carburants et des lubrifiants. A la fin de l’année, le Haut-Commissariat à l’énergie atomique verra le jour. Étant donné que l’activité du pays dépend du charbon, du courant électrique, du gaz, du pétrole et dépendra un jour de la fission de l’atome, que pour porter l’économie française au niveau qu’exige le progrès ces sources doivent être développées dans les plus vastes proportions qu’il y faut des dépenses et des travaux que seule la collectivité est en mesure d’accomplir, la nationalisation s’impose.

Charles de Gaulle – Mémoires de guerre

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9e Rencontre de l’ingénierie : table ronde “Modération et diversification énergétique : du risque à l’opportunité”

Le Syntec organise 21 octobre au CNIT Paris la Défense les 9e Rencontre de l’ingénierie sur le thème : « Les défis énergétiques et enjeux internationaux » – Quelle vision partager pour quelles solutions d’avenir?

Je participerai à une table ronde autour de la modération et de la diversification énergétique : du risque à l’opportunité.

Annonce : Modération et diversification énergétique : du risque à l'opportunité

Modération et diversification énergétique : du risque à l'opportunité

Plus d’information et inscription sur le site des 9e Rencontres de l’ingénierie.

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Quel potentiel de développement du biométhane en France ?

Article paru dans la Revue des Ingénieurs des Mines, numéro 446 dans le dossier “énergies renouvelables”.

Le biométhane, biogaz épuré jusqu’au spécification du gaz naturel, ouvre la voie à une énergie renouvelable dans les transports immédiatement déployable et très vertueuse en matière de réduction des impacts environnementaux. Le biométhane peut également être injecté dans les réseaux existants de transport et de distribution de gaz naturel, pour optimiser les possibilités de valorisations ultérieures. A l’heure de la mise en œuvre opérationnelle du Grennelle, l’injection de biométhane permet à la collectivité d’utiliser au mieux l’investissement consenti dans un réseau de distribution de gaz naturel étendu.

1. Les perspectives du biogaz et du biométhane

Le biogaz : qu’est-ce que c’est ?

Le biogaz est un gaz issu de la fermentation anaérobie (en absence d’oxygène) de matières organiques. Il est obtenu soit par captage dans les Installations de Stockage de Déchets Non Dangereux (ISDND, autrement dit des décharges) où il se forme de manière spontanée, soit par un procédé standardisé et contrôlé appelé méthanisation.

Les déchets qui entrent en jeu dans la production de biogaz peuvent provenir de sources très variées. Il peut s’agir de déchets :

  • collectifs : ou municipaux, c’est à dire des biodéchets issus du tri sélectif des ordures ménagères, des déchets verts, déchets des cantines, etc. ;
  • agricoles : effluents d’élevage type lisiers, fumiers, voire des cultures énergétiques qui n’entrent pas en concurrence avec la filière alimentaire ;
  • ou industriels : déchets de l’industrie agroalimentaire, déchets d’abattoirs, de l‘industrie laitière, mais aussi boues de stations d’épurations, etc..

Parmi les intérêts de la méthanisation figurent la possibilité de faire de la co-digestion de déchets, c’est à dire de mélanger des déchets d’origines différentes pour augmenter le pouvoir méthanogène de certains substrats (tels que les lisiers par exemple) et trouver ainsi plus facilement la rentabilité d’une installation.

La composition du biogaz obtenu varie en fonction de la nature du substrat, du type de procédé et dans le temps : on retrouve essentiellement du méthane (30 à 75 %), du CO2 (20 à 40 %) avec des quantités variables d’eau, d’hydrogène sulfuré (H2S), et d’autres composants plus ou moins indésirables suivant la valorisation envisagée.

Biogaz ou biométhane : des valorisations différentes

Brut ou après un léger prétraitement, il est valorisé localement pour produire de l’électricité, de la chaleur, ou les deux en cogénération.

Après un traitement poussé, il est appelé biométhane. Il contient alors environ 95% de méthane (CH4) et a été débarrassé de ses impuretés jusqu’à atteindre la qualité du gaz naturel. Il peut alors être utilisé soit sous forme de carburant, soit être injecté dans les réseaux de gaz naturel.

Valorisation_biométhane

A l’échelle nationale : le développement du biogaz est indispensable pour satisfaire aux exigences des Directives Gaz et Energies Renouvelables (23% d’ENR dans la consommation d’énergie finale et 10% dans les transports en 2020), ainsi qu’aux objectifs fixés par le Grenelle de l’Environnement.

A l’échelle territoriale : c’est un moyen d’agir sur le réchauffement climatique global tout en valorisant des ressources locales et en faisant un pas de plus sur la voie de l’indépendance énergétique. Par ailleurs :

  • La méthanisation agricole permet de régler en partie le problème des effluents d’élevage et ses nombreux impacts (ex. prolifération des algues vertes en Bretagne).
  • Les projets biogaz sont particulièrement fédérateurs pour les acteurs d’un territoire (agriculteurs, industriels, pouvoirs publics) et créent des synergies locales inédites.
  • Enfin, l’injection de biométhane permet de faire circuler dans les réseaux une énergie verte et vertueuse, et ce faisant de valoriser des infrastructures qui sont la propriété des collectivités territoriales.

Actuellement en France, le biogaz est essentiellement valorisé en chaleur et électricité, mais la valorisation carburant du biométhane présente de réelles opportunités.

Situation actuelle

En 2008, la France comptait :

  • 6 méthaniseurs d’ordures ménagères,
  • environ 50 unités de valorisation en décharges d’ordures ménagères,
  • environ 100 digesteurs de boues d’épuration urbaines
  • environ 100 unités de méthanisation industrielles
  • enfin environ 10 méthaniseurs agricoles en service.

(Source Programmation Pluriannuel des Investissements de production de chaleur 2009-2020).

Toutes ces installations font l’objet d’une valorisation in situ.

Le biométhane carburant mérite également une attention particulière

Miscible à 100% avec le gaz naturel, le biométhane peut être valorisé sous forme de carburant sans qu’il soit nécessaire de modifier ni les véhicules, ni les infrastructures de distribution associées par rapport au Gaz Naturel Véhicule (GNV). Ainsi, le biométhane carburant cumule les qualités du GNV en termes de pollution locale et un bilan CO2 très positif car il est produit essentiellement à partir de déchets. En témoigne le résultat d’une étude menée en 2007 par l’ADEME et Gaz de France, qui indique que la valorisation du biogaz comme carburant est la plus efficace en termes de lutte contre l’effet de serre à 100 ans…

L’injection du biométhane dans le réseau de gaz naturel : un vecteur  énergétique pour optimiser les valorisations du biogaz

L’injection n’est pas une valorisation en tant que telle. Notamment parce qu’elle consomme de l’énergie et réduit le bénéfice énergétique de la valorisation utilisée en aval. En revanche, lorsqu’il n’y a pas un besoin suffisant d’énergie sur le site de production, l’injection de biométhane permet d’en déplacer la valorisation au plus près des lieux de consommation.

En France, l’injection dans le réseau est autorisée par la loi du 3 janvier 2003 sous réserve qu’elle soit techniquement possible et que la sécurité – y compris sanitaire- soit assurée. L’évaluation des risques sanitaires par l’AFSSET (sous saisine du MEEDDM) a conclu fin 2008 à la possibilité d’injecter tous les biogaz sauf ceux issus de déchets industriels (hors agroalimentaires) et de boues d’épuration.

Biométhane : un seul produit, des ressources multiples

Le biométhane peut être également obtenu par un procédé de gazéification, actuellement au stade de la démonstration pré-industrielle. Il repose sur l’exploitation de biomasse ligneuse (bois, paille…), non dégradable en méthanisation.

Roadmap des ressources valorisables pour le biogaz

Ressources valorisables pour la production de biométhane – source Ministère de l’Agriculture / ADEME dans le cadre du groupe de travail « Injection »

Perspectives de développement à moyen terme

D’après les évaluations du groupe de travail « Injection » piloté par le Ministère du Développement Durable (MEEDDM), au total, la valorisation in situ du biogaz est estimée à environ 13 TWh en 2020.

A cette échéance, entre 2,8 TWh et 8,7 TWh de biométhane sur 280 à 700 sites pourraient être injectés annuellement dans le réseau de gaz naturel.

2. La mise en œuvre opérationnelle de l’injection de biométhane

Durant toute l’année 2009, un groupe de travail auquel participe GrDF s’est réuni tous les mois sous l’égide du MEEDDEM pour définir les conditions techniques et économiques de l’injection du biométhane dans les réseaux.

Dans un premier temps, une phase d’apprentissage sera nécessaire

L’injection de biométhane dans les réseaux modifie de manière non négligeable le métier et les pratiques des distributeurs ainsi que le fonctionnement du réseau. Une phase d’apprentissage et de partage entre producteurs et distributeurs sera donc nécessaire.

Dans l’état actuel d’avancement des travaux de définition des conditions d’injection, les responsabilités ont été définies entre les producteurs et les distributeurs :

  • La collecte, la méthanisation la compression, l’épuration, seraient de la responsabilité du producteur,
  • L’odorisation, la régulation du débit et de la pression, le comptage, la protection des ouvrages, le contrôle de la qualité du gaz seraient de la responsabilité des distributeurs.
Schéma d'injection de biogaz

Schéma type d’une installation de méthanisation et d’injection


Au fur et à mesure de l’étude des projets, de nouveaux paramètres à prendre en compte apparaissent. En effet, en fonction du point d’injection, le réseau de distribution ne sera pas toujours en capacité d’absorber les quantités produites. Dans certaines zones, notamment rurales, les quantités acheminées peuvent en effet varier d’un facteur 1 à 10 entre l’été et l’hiver tandis que la production de biométhane est constante et continue (cf. graphe).

Variation de débit gaz et de débit biométhane

La consommation minimale constatée sur une zone de raccordement fixe le débit maximal d’injection de biométhane

Il faudra dans certains cas trouver une voie de valorisation complémentaire sur le site de production, ou renoncer à l’injection pour limiter des durées de torchage qui pénalisent le bilan énergétique de la valorisation du biogaz.

Un modèle économique en cours d’élaboration

Depuis 2006, la valorisation du biogaz est encouragée par un tarif de rachat de l’électricité produite grâce à ce biogaz. Ces tarifs de rachat de l’électricité soutiennent le développement de la cogénération par le biais notamment d’une prime à l’efficacité énergétique pour les installations qui valorisent la chaleur à plus de 70%. Le MEEDDM prévoit une revalorisation de ces tarifs pour 2010.

Concernant le biométhane, suite aux travaux menés par le groupe de travail précité, les pouvoirs publics ont annoncéle 13 janvier 2010 les grands principes des mécanismes de soutien au développement de la filière biométhane, avec :

  • La mise en place d’un tarif d’achat, par les fournisseurs de gaz naturel, du biométhane injecté,
  • L’obligation des fournisseurs de gaz naturel d’acheter ce biométhane aux prix fixés par la loi,
  • La compensation de ces tarifs auprès des fournisseurs,
  • La désignation d’un acheteur de dernier recours,
  • La mise en place d’un dispositif de traçabilité qui prendrait la forme de garanties d’origine, comme c’est déjà le cas pour l’électricité.

Les modalités exactes d’un tel système seront définies par les décrets et arrêtés d’application de la loi Grenelle 2, qui sera elle-même définitivement adoptée au cours du premier semestre 2010.

Les actions de GrDF pour répondre aux demandes d’injection de biométhane dans le réseau de distribution

Dans l’attente des décisions définitives sur ces questions, GrDF se structure pour répondre aux demandes d’injection de biométhane dans le réseau de distribution, avec notamment :

  • la publication sur le site Internet[1] de l’entreprise des prescriptions techniques du distributeur ainsi que des cahiers des charges fonctionnels (poste d’injection, odorisation).
  • la mise en place d’un réseau de d’interlocuteurs régionaux pour répondre aux questions  et sollicitations des collectivités locales et des porteurs de projets sur l’injection du biométhane. Ces interlocuteurs privilégiés s’appuieront sur les référents techniques régionaux pour déterminer la faisabilité d’un projet d’injection en fonction des caractéristiques propres au projet  (débit, pression, lieu de production) et de celles du réseau local.

3. Conclusion

L’injection de biométhane dans les réseaux existants de gaz naturel offrent de nouvelles opportunités pour les acteurs du vecteur gaz :

  • pour la collectivité nationale, de rentabiliser l’investissement consenti dans une infrastructure de distribution de gaz naturel dense et étendue en en faisant un critère de succès des objectifs de Paquet Climat-Energie à horizon 2020,
  • pour les collectivités locales, de développer les énergies renouvelables ou de récupération présentes sur leur territoire, et de jouer les synergies avec le traitement des déchets,
  • pour les fournisseurs de gaz, de développer des offres commerciales innovantes autour de contrat de fourniture de gaz vert,
  • pour les consommateurs de gaz, d’accéder à une énergie renouvelable directement accessible sans modification de leurs installations.

La diversité des ressources valorisables pour la production de biométhane, par méthanisation ou gazéification, fait du vecteur gaz une des solutions de développement  des énergies renouvelables en France à coûts maitrisés, et de développement d’usages performants : bio-GNV, cogénération voire trigénération, pompes à chaleur fonctionnant au biométhane…

Le biométhane renforce la place du gaz naturel dans le mix énergétique pour tous les usages (chaleur, électricité, carburant) et confirme donc son rôle indispensable d’énergie de transition vers une économie verte


[1] http://www.grdf.fr/fr/collectivites-territoriales/les-atouts-du-gn-dans-mes-projets-damenagement/le-biomethane

Commentaire (1) »

The ineffectiveness of energy efficiency – une revue critique

Karel Beckman, rédacteur en chef de l’European Energy Review, nous propose un article choc intitulé “The ineffectiveness of energy efficiency“. Une excellente occasion de faire un tour d’horizon des arguments généralement avancés par les détracteurs de l’efficacité énergétique.

The ineffectiveness of energy efficiency

by Karel Beckman

Future energy scenarios from the European Commission and the International Energy Agency are all based on the assumption that improved energy efficiency and other climate policies will lead to lower energy consumption. This is wishful thinking. Human progress has always been accompanied by higher energy use – and that will not change in the future. If the EU were really to achieve lower energy use, it could only mean one thing: that Europe would start to decline economically compared to the rest of the world.

Whatever negative effects the economic crisis has had, it has not had an impact on the production of energy reports. Almost every day some institution produces some energy report – if it is not on EU energy policy, then it is on the low-carbon future that is awaiting us somewhere round about 2050.

Last week, the European Climate Foundation presented a large study: “Roadmap 2050, a practical guide to a prosperous, low-carbon Europe.”
This week the European Renewable Energy Council came up with an equally big report: “Rethinking 2050: Making the EU 100% renewables-based”.

And there have been many more like this. One wonders sometimes how useful or effective such reports are – or how many people actually read them. They do keep people busy, in a sort of roundabout away. If you take the European Climate Foundation, for instance, this is sponsored by six other foundations: The Arcadia Fund, the Children’s Investment Fund Foundation, the Climate Works Foundation, the Sea Change Foundation, the Oak Foundation, the William and Flora Hewlett Foundation and the McCall MacBain Foundation. These foundations are in turn financed by other foundations – or sometimes by the same foundations that they themselves fund. For example, the Climate Works Foundation is funded by The William and Flora Hewlett Foundation, The David and Lucile Packard Foundation, The Energy Foundation, the Doris Duke Charitable Foundation, The Joyce Foundation and The Oak Foundation. I have not traced the funding of all these foundations, but if we take just one example, The Energy Foundation, this is funded by, among others, The Climate Works Foundation, the William and Flora Hewlett Foundation and the Sea Change Foundation. You get the picture.

Le paragraphe est visiblement destiné à décrédibiliser le financement des fondations environnementales en les accusant de recourir à des financements croisés. La pratique est pourtant courante dans toutes les entreprises à travers leurs participations croisées qui ne choquent aucun commentateur de la vie économique. La question intéressante, finement éludée ici, est bien évidemment 1/ de reconstituer le bilan consolidé des financements ou des participations d’une entreprise ou d’une fondation afin d’avoir une idée claire de ses intérêts et de ses sources de financement et 2/ de connaître le mode de gouvernance d’une entreprise ou d’une fondation, notamment les membres du conseil d’administration ou équivalent. Pour ce dernier, le même principe que pour les participations existe tant pour les entreprises que pour les fondations, à savoir des administrateurs communs à plusieurs de ces entités.

Some of these foundations do not lack for funds, by the way; the William and Flora Hewlett Foundation states on its website that it has $6.7 billion in assets. This puts into perspective another recent report – this one from Greenpeace – that breathlessly announced that the oil and manufacturing company Koch Industries (‘with tentacles around the globe’) from 1997 to 2008 ‘funneled more than US$48.5 million to organisations’ of climate sceptics. Shame on them. They are ‘twice as bad’, says Greenpeace, as ExxonMobil, which in the same period spent US$24 million funding scientists who are critical about global warming. The report is called, in typical Greenpeace style, ‘Secretly Funding the Climate Denial Machine’, but it is clear that the climate deniers are no match for the climate foundations of this world – let alone the environmental activist organisations like Greenpeace itself.

Karel Beckman fait ici un parallèle étrange entre d’une part les actifs investis d’une fondation (6,7 milliards $) et les dépenses de lobbying de certaines entreprises.  En réalité, il est nécessaire de comparer des dépenses à des dépenses pour ramener à de plus juste proportion ce parallèle. Une analyse rapide des comptes de la William and Flora Hewlett Foundation nous apprend que celle-ci a bien 6,7 milliards d’actif, principalement des actifs financiers gérés selon un profil de risque correspondant aux objectifs de la fondation, qui lui permet de financer des activités pour 377 millions $. Ces 337 millions ne sont bien évidemment pas de même nature que les 48,5 millions des industries citées dans l’article puisqu’il s’agit de financement caritatif dont l’objectif n’est pas d’augmenter le taux de rentabilité des actifs de la fondation, contrairement au financement d’action de lobbying concernant directement les activités des entreprises.

Greenpeace of course is a report factory in its own right. In fact, on 30 March Greenpeace USA produced yet another, rather interesting report, called ‘Cloud Computing and its Contribution to Climate Change’. It is an interesting report not because of the point it makes – no offence meant, but Greenpeace’s points are always perfectly predictable – nor because of its content, which is rather sketchy, but because of its topic.

Most of you probably know what “cloud computing” means, but for those of you who, like myself, are rather less trendy (it was only the second time I had ever come across this term), I will quote the report to explain the term: ‘Cloud computing, used as a metaphor for the internet, is based on an infrastructure and business model whereby – rather than being stored on your own device – data, entertainment, news and other products and services are delivered to your device, in real time, from the internet.’
The most famous ‘cloud-based company’, says Greenpeace, is Google. ‘All of Google’s signature products – Gmail, Google Documents and Google Earth – are delivered from the cloud. Its ambitious project to create a digital library will be entirely hosted by servers storing most of the world’s published work, all in digitised form.’ Other examples of cloud-based companies are Facebook, Yahoo and Apple.

What is interesting about “cloud computing” from the perspective of the energy sector is that, well, it uses a lot of energy! The computing companies rely on massive data centers that, as Greenpeace puts it, ‘consume incredible amounts of energy’. For Greenpeace, energy use of course translates into CO2 emissions – if the wrong type of energy is used. Thus, Greenpeace praises Yahoo, which is building a $150 million data centre near Buffalo, New York that will be run from a nearby hydroelectric power plant. Apple, on the other hand, gets a rap on the knuckles because it is constructing a $1 billion data centre in North Carolina that uses the “dirty” coal-fired power that State is famous for. Facebook likewise has commissioned a new data centre in Oregon, for which it has made a deal with Pacific Corp, a utility that is highly reliant on coal-fired power.

L’affirmation que le « cloud computing » amène à une baisse de consommation d’énergie a pu être émise, mais elle suppose une hypothèse très forte d’optimisation globale du système serveur-infrastructure-client. Ainsi, si l’on suppose une centralisation des applications sur des serveurs atteignant une taille critique suffisante pour recourir à des technologies de conversion d’énergie et de refroidissement particulièrement efficace, desservant des terminaux clients dédiés au Cloud Computing (terminaux limités à l’affichage des informations et à l’interface homme-machine, suppression des unités de stockages, des capacités de calcul et de traitement de l’information), il est effectivement possible d’arriver à une diminution drastique à la fois de la consommation d’énergie mais aussi du coût d’accès à l’information. La réalité actuelle est bien sûr très éloignée puisque l’ensemble serveur-infrastructure-client n’est absolument pas optimisé en ce sens. Le « cloud computing » est vu comme une fonction supplémentaire, ajoutée à une infrastructure existante traditionnelle. L’exemple le plus frappant vient des terminaux clients puisque les ordinateurs individuels actuels ressemblent comme deux gouttes d’eau aux ordinateurs d’avant le « cloud computing » : processeur capable de réaliser l’ensemble des opérations demandées, capacité de stockage élevée… D’où un empilement de coût et de consommation d’énergie due à la coexistence des deux modèles. Ajouter à cela des désoptimisations récentes comme la croissance des temps de démarrage liés à la taille des systèmes d’exploitation, perçus comme de plus en plus inacceptables qui aboutissent à un maintien allumé d’ordinateurs non utilisés, et donc à une croissance sans précédent des consommations informatiques. Ce n’est donc pas l’optimisation énergétique qui en cause, mais bien au contraire son absence dans un développement de l’informatique focalisé sur d’autres préoccupations.

However, apart from the climate issue, for the energy sector what is interesting is the effect the (cloud) computer revolution has on electricity demand. How much energy do all these new data centres, PCs, notebooks, mobile phones, and so on use? Hard figures are hard to come by. Greenpeace estimates that data centres and the telecom industry together use 623 billion kWh worldwide. That would be 4% of global electricity consumption. This amount is expected to triple by 2020 to almost 2,000 billion kWh. Depending on how overall energy demand evolves, that would probably lead to a doubling of its share in total consumption to some 8%.

What is striking about these numbers is that they go up and up. They are a perfect demonstration of a trend that was described in a wonderful book written by Peter W. Huber and Mark P. Mills published in 2005 called “The Bottomless Well: the Twilight of Fuel, the Virtue of Waste and Why We Will Never Run out of Energy”.
In this book Huber and Mills point out that, despite all the talk and optimistic assumptions about the effects of energy efficiency, energy consumption (and in particular power consumption) continues to rise inexorably.

Le nœud du raisonnement de l’article est exprimé ici puisque Karel Beckman semble ignorer totalement la notion d’intensité énergétique, qui aurait été bien utile pour savoir de quoi on parle exactement à propos d’efficacité énergétique. L’intensité énergétique, exprimée en général en consommation d’énergie totale ramenée au PIB, permet d’isoler l’efficacité énergétique des effets structurels de croissance de la demande : croissance économique et dans une moindre mesure croissance de la population, à supposer une corrélation directe entre PIB et population. L’affirmation « l’efficacité énergétique ne sert à rien puisqu’elle ne permet pas de faire baisser la consommation énergétique » aboutit plutôt à observer que l’efficacité énergétique, au sens de la baisse de l’intensité énergétique, n’est pas suffisante pour contrer les effets de croissance structurelle due à l’économie et à la démographie. Dès lors, la tentative de l’Union Européenne de rompre avec cette tendance en accroissant la baisse de l’intensité énergétique prend une autre nature : il ne s’agit pas de se passer des bienfaits des services de l’énergie (énergie utile), mais de se passer de toute consommation d’énergie primaire superflue. Au-delà des considérations environnementales, cet effort de baisse de l’intensité énergétique a un intérêt économique évident. En effet, une simple analyse de l’intensité énergétique montre assez facilement une corrélation inverse entre le taux de développement des pays et l’intensité énergétique : les pays les plus avancés ont des intensités énergétiques basses. On pourrait reprocher que cette baisse est due à une délocalisation des activités intensives, industrie en particulier, vers les pays en développement mais cela ne serait que très partiellement vrai. Il faut bien comprendre qu’une intensité énergétique élevée suppose des investissements lourds dans l’énergie pour soutenir l’économie. Ces investissements massifs dans le secteur primaire de l’énergie viennent en déduction des investissements possibles dans les secteurs secondaire et tertiaire à valeur ajoutée plus élevée (création de PIB plus importante pour un même investissement). Deux pays illustrent cette réalité économique :

  • La Chine tout d’abord qui a réussi à diviser par deux son intensité énergétique entre 1986 et 2006, tout en développant massivement l’ensemble de son économie, même sur des secteurs intensifs en énergie (acier, béton…). La baisse de l’intensité énergétique est un enjeu majeur de la croissance de la Chine car en cas d’échec, les investissements à consentir dans le secteur énergétique, à supposer qu’ils soient physiquement réalisables, grèveraient largement la compétitivité actuelle de son économie,
  • Les Etats-Unis dont la situation est paradoxale puisqu’ils présentent une intensité énergétique élevée, près de 50% supérieure à celle de l’Europe, tout en étant largement compétitifs. Cette situation cache en réalité que l’infrastructure américaine est ancienne, voire obsolète, faute d’investissement d’où le paradoxe d’une intensité énergétique plus élevée sans que cela ne grève leur croissance. Reste que cette infrastructure arrive en bout de course, se pose alors un choix stratégique pour les Etats-Unis : investir massivement dans le renouvellement des infrastructures énergétiques ou réduire au préalable drastiquement leur intensité énergétique ? La question est loin d’être tranchée entre les investissements dans des productions de plus en plus coûteuses (sables bitumeux, gaz non conventionnels…) et des plans d’efficacité énergétique sans précédents. Une chose est certaine, cette question sera une des clés de la compétitivité économique des Etats-Unis dans les années à venir.

Huber and Mills started a debate back in 1999 when they wrote an article in Forbes magazine estimating that the manufacture and use of computers accounted for 8% of electricity consumption in the US. Many people were upset by this claim, because it was “cool” to assume that computerisation and the internet would lead the way to a new, much less energy-intensive economy. The idea behind this reasoning is that in the internet age, GDP growth and energy consumption are “decoupled”, because, as Huber and Mills phrase it, ‘the new wired economy is so much more efficient than the old’. For example, ‘online stores substitute “clicks for bricks”. Delivery trucks are more efficient than trips to malls. Wired supply chains reduce inventories, cut overproduction, reduce unnecessary capital purchases, eliminate paper transactions, reduce mistaken orders, and thus save energy all around. The internet will eventually cut travel.’ Etcetera.

Cf. ci-dessus mais pour compléter, l’exemple de la consommation de papier illustre bien la problématique de transition que nous vivons actuellement. Par exemple, en raison d’habitudes passées et de technologies d’écran pas encore satisfaisantes pour une lecture directe, une majorité d’utilisateur de messagerie électronique impriment leur mail.  Ce type de comportements a abouti à une croissance forte de la consommation de papier. L’arrivée de génération d’utilisateurs rompus aux nouvelles technologies et de technologies d’écran plus confortables réduiront certainement le recours à l’impression. Difficile donc de se prononcer sur l’impact réel d’une rupture de société pendant la phase d’apprentissage et de transition. C’est d’ailleurs une des principales difficultés de quantification des effets rebonds : être capable d’observer les phénomènes en-dehors des perturbations des phases initiales, et avant que d’autres perturbations externes ne viennent de nouveau modifier les comportements de consommation tel un changement des modes de vie par exemple.

This sounds quite reasonable, but in fact, say Huber and Mills, it is just not true. The two authors do not deny that energy efficiency is important nor that it is continually increasing. In fact, they say, it has been increasing for 20,000 years!

Ce type de remarque ne peut faire que légitiment sourire. Une des clés des études prospectives est d’éviter de reproduire des tendances passées pour essayer de comprendre ce qui peut se passer dans le futur, le risque étant trop grand d’éliminer toute possibilité de rupture de paradigme. Pour illustrer sur la même période de temps, il est absolument certain que le nombre de décès par maladies infectieuses dans les pays occidentaux entre 20 000 avant J.C.  et 1940 n’a fait que croître : il serait donc possible d’affirmer « progrès=croissance= plus de décès ». Evidemment, l’invention des antibiotiques puis des antiviraux ont permis une rupture drastique de cette tendance. Heureusement pour l’Humanité qui n’est pas condamnée à reproduire le passé ! La question clé dans l’énergie est donc : existe-t-il une rupture possible dans les prochaines années dans l’énergie ? Les faits scientifiques amènent à douter d’une rupture massive dans le domaine de la production, à moins d’une rupture dans les théories fondamentales de la physique, reste le domaine de la consommation qui renvoie évidemment à la question de l’efficacité énergétique.

Nevertheless, in absolute terms, energy use is also continually increasing. This is because the hoped-for “dematerialization” of the economy is only relative: ‘Our consumption of knowledge-intensive goods grows faster than our consumption of energy-intensive goods – but both continue to grow… With faster information have come faster cars, jets and power plants, and more energy consumption all around. When we learn more, faster, about the world around us, we engage it more, not less. There is then, perhaps, reason to suppose that higher speeds on the information highway will raise – not lower – energy consumption.’ One simple example is that the internet has had the effect of increasing rather than lowering the amount of travel, as people want to go to places they have seen on the web.

Sauf qu’il y a une forte différence entre vouloir et pouvoir. L’augmentation du trafic aérien est surtout due des conditions économiques qui ont permis une démocratisation du voyage en avion, dont un prix bas de l’énergie n’est pas le moindre des fondamentaux. Et nous soulevons là un des autres problèmes de l’article, abordé de manière implicite à propos de l’intensité énergétique, qui ignore parfaitement toute rétroaction entre croissance de l’économie (donc consommation d’énergie si on suit le raisonnement) et prix de l’énergie. Si on suppose un prix stable, c’est-à-dire des ressources énergétiques infinies à coût constant, il est certain que l’équation croissance de l’économie = croissance de la consommation d’énergie peut perdurer. La réalité sera probablement très différente…

Another example: a Playstation uses much less energy than the first mainframe computers – but there are many millions of Playstations around.

Mais si à terme la Playstation centralise un ensemble de fonctions (terminaux « cloud computing », téléphone, télévision, chaîne hi-fi…), il est probable que la consommation d’énergie par ménage baissera, au moins dans les pays développés fortement équipés en électronique de loisir. Le multi-équipement est donc une source de désoptimisation énergétique importante, et de coût supplémentaire pour les ménages. Mais les fabricants de matériel n’ont que peu d’intérêt à réduire le nombre d’équipement pour accéder aux mêmes services, sauf si un des acteurs cherche une stratégie de rupture marketing pour conquérir des marchés nouveaux. Les exemples récent de notebook ou de smartphone laisse présager de possible rupture dans le multiéquipement des ménages, mais au profit d’un équipement individuel systématique qui n’est pas nécessairement un optimum économique et énergétique. Évaluer l’évolution de ces marchés et leur impact sur l’énergie est donc délicat.

The argument of Huber and Mills does not depend on theory: it is simply borne out by the facts. While the cost of producing energy and conveying information has been dropping over time, energy consumption has risen.

Il n’est pas possible de remettre en question les faits passés, mais de là à les extrapoler sur le futur, le glissement risque d’être fatal à la justesse du raisonnement. On tombe alors dans l’approche théorique dénoncée dans l’article en posant l’assertion “le futur ressemblera au passé”.

And Huber and Mills point to another important trend: the ongoing electrification of the economy. In 1950 20% of GDP came from industries and sectors that use electricity as their core fuel; today it is 60%. And this number is bound to grow. All of the innovative, dynamic sectors of the economy nowadays are based on electricity: computing, telecoms, entertainment, financial services, medical technology, even transport – as our cars are also slowly but surely being electrified.

There is a reason for this, namely the fact that human beings, as Huber and Mills explain, are constantly “refining” energy into an ever more “ordered” form: from thermal power to motive power to electrical power and even further, to laser technology. In fact, most of the energy we use is “wasted” in the process of creating more “ordered” forms of energy, such as the electricity, that have an ever greater capacity of improving the production processes in the economy.

This is why the growth of GDP has a direct relationship to the growth of energy use.

La logique entre cette affirmation et les paragraphes précédents sur l’électricité paraît ténue ! L’électrification de l’économie est le résultat d’un équilibre économique entre le coût d’une utilisation directe des énergies primaires, le coût d’une utilisation de l’électricité (avec les investissements dans les infrastructures de transformation et de transport qu’elle suppose) et le gain de productivité due à l’électricité. Ajouter à cela des considérations sur une meilleure acceptabilité de l’électricité pour les ménages (pas de pollution locale, sécurité accrue…) et nous aboutissons à une tendance à l’électrification des économies. Celle-ci peut avoir un effet bénéfique sur l’efficacité énergétique, à condition que les gains sur la consommation d’énergie finale compensent les pertes de transformation. La poursuite de cette tendance dépendra donc d’équilibres économiques et énergétiques qui n’ont pas nécessairement de raison de ressembler à ceux que nous avons connus jusqu’à présent.

Power, as Huber and Mills point out, is ‘one of the three fundamental inputs (with material and information) that determine the productivity of labour in every sector of the economy’.
The result has been a spectacular rise in the standard of living as energy use has increased: ‘Every person in America is now served by the equivalent of about 200 human servants’. And there is no reason why this trend will stop.

Pas de raison, vraiment ? La problématique des ressources et des investissements croissants est bien évidemment essentielle à la poursuite de cette tendance. A l’heure où le coût de l’énergie augmente, de plus en plus de ménage se retrouve en précarité énergétique avec des dépenses d’énergie supérieures à 15% de leur revenu. A une échelle macroscopique, une tension croissante sur les ressources pourrait aboutir à de plus en plus d’économies nationales en situation de précarité énergétique, avec plus de 15% du PIB alloués à l’énergie. Un pays comme la France dépense actuellement 3% de son PIB en énergie. Lors des 2 chocs pétroliers, cette dépense est montée à 5 %, on imagine donc l’impact dévastateur sur l’économie qu’aurait une montée encore plus importante des dépenses énergétiques sur des économies développées comme la France. Dans ces conditions, il serait difficile d’envisager un maintien de la consommation d’énergie aux niveaux observés actuellement.

Bad news

If Huber and Mills are right, what can we expect of future energy demand? This question brings us back to the reports on the zero-carbon economy that some of us say we should achieve by 2050. If you develop scenarios for such an economy, it makes a lot of difference what your assumptions are about demand growth.

As it happens, the assumptions in the report of European Renewable Energy Council are based on the European Commission’s “New Energy Policy” scenario, which is a part of the EU’s Second Strategic Energy Review that came out in 2008. This is an important document because it underlies much of the EU’s energy and climate policies.
The “New Energy Policy” scenario is called like this because it ‘assumes vigorous implementation of new policies to make substantial progress on energy efficiency for reaching other energy and climate targets’. It is contrasted with a Baseline or business-as-usual scenario.

Under the EU’s New Energy Policy scenario, primary energy consumption in the EU is expected to decrease between 0.4% and 0.5% per year to 2020. This means it will be 6-8% lower in 2020 than in 2005. Presumably, this trend will continue to 2030 and beyond, leading to ever lower energy consumption. As the European Commisson puts it: ‘After decades of rising energy demand, the EU’s energy consumption would decline for the first time as a result of policies and measures on energy efficiency, renewables and climate change.

The report of the European Climate Foundation bases its energy demand predictions on the well-known annual World Energy Outlook of the International Energy Agency (IEA). The IEA does not give separate figures for the EU, but it does provide figures for the OECD. The IEA predicts that in a business-as-usual scenario primary energy demand in the OECD will grow just 5% over the period 2007-2030. In the IEA’s “450-scenario”, which may be compared to the EU’s “New Energy Policy” scenario, as it assumes vigorous climate policies, total primary energy demand in the OECD would drop about 5% from 2007-2030. In this scenario, electricity demand is expected to remain stable over the same period. (See table 9.4 of the World Energy Outlook 2009.) In other words, the IEA is slightly less “optimistic” about the slowing down of energy demand than the European Commission, but that may be because the OECD includes the United States.

If Huber and Mills are right, however, both scenarios are quite unrealistic. They are certainly unrealistic on the basis of historical evidence. With the advent of “cloud computing”, and who knows what other new inventions and developments (space travel?), it is, in fact, much more likely that energy use, and particularly power consumption, will continue to grow – under whatever scenario.

Nous ne reviendrons pas sur la faiblesse de l’argument historique. Il est intéressant d’imaginer des voyages spatiaux, mais là encore la question de leur financement est importante. Est-ce qu’il sera possible de développer un tel secteur d’activité, très intensif en capitaux et en énergie, si les pays développés font face à une hausse massive des dépenses énergétiques dans leur PIB ?

Indeed, whatever one may think of the climate problem, or the use of renewable energy, it would be bad news if energy consumption stopped growing or even started declining. It would mean the end of human progress.

Syllogisme intéressant qui consiste à dire que si A implique B, alors B implique nécessairement A. Le problème n’est pas de savoir « si la consommation d’énergie va s’arrêter de croître » mais plutôt « si la production d’énergie pourra continuer de croître ». Rien n’est moins sûr…

To quote Huber and Mills one more time: ‘From the bacterially enriched uranium reactor at Oklo, to the Spindletop oil field, to the heterojunction semiconductor, the trajectory of all life on Earth has been defined by the self-amplifying process of energy in successful pursuit of more energy.’

Une autre vision pourrait être que la vie a pu se développer massivement avec le passage de bactérie anaérobie, dont le rendement d’utilisation de l’énergie est proche de 2%, à des bactéries aérobies et à l’ensemble des êtres plus complexes qui s’est développé sur cette base, avec un rendement énergétique proche de 40%. Puis de la diversification énergétique entre les animaux à sang froid, capable d’utiliser la chaleur de leur environnement, et les animaux à sang chaud, plus autonomes des conditions extérieures mais plus dépendants de leur alimentation.

Let us hope that this is a message that the report-writers and policy-makers in the EU will not lose sight of. If they do, it may well be the EU that will stop growing and start declining, compared to the rest of the world

Souhaitons au contraire une vision européenne tournée vers le futur et non vers le passé, capable de tenir des raisonnements économiques et environnementaux tenant compte de l’ensemble des interactions, et espérons qu’une rupture est possible pour nos économies et pour la protection de l’environnement.

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Les produits gaz : enjeux d’innovation

Intervention lors du Congrès du Gaz 2009 – atelier “Les innovations technologiques appliquées aux usages du gaz”

Quelles sont les nouvelles technologies relatives aux usages du gaz ? Comment mieux utiliser et diffuser la microcogénération et la chaudière électrogène d’ores et déjà disponibles ? Quelles sont les performances de ces matériels notamment en termes d’efficacité énergétique ?

Ont participé à l’atelier :
• Claude Tarze, responsable produit, Baxi France ;
• Maurizio Rota, responsable produit, Robur ;
• Christian Cardonnel, président, bureau d’étude Cardonnel Ingénierie ;
• Anthony Mazzenga, chef de projet Prospective bâtiments et villes durables, direction Recherche et innovation, GDF SUEZ.
L’atelier a été animé par Thomas Muller, responsable Nouveaux produits, délégation développement, GrDF.

Compte-rendu publié dans Gaz d’aujourd’hui / Hors Série 2009

Les produits gaz : enjeux d’innovation

Anthony Mazzenga

Le gaz naturel est un enjeu d’importance et d’innovation, afin de répondre aux attentes de nos clients et du Grenelle. Au plan réglementaire, il s’est produit un véritable foisonnement de nouveaux textes et engagements au cours des dernières années, qui poussent les acteurs à investir vers davantage de performance énergétique. Le Grenelle a amplifié le phénomène. En matière de réglementation thermique de la construction neuve, la norme était fixée par la loi de 2005, qui visait une baisse de 15 % de la consommation tous les cinq ans. Le Grenelle a fixé un objectif de 50 kWh d’énergie primaire par mètre carré et par an en 2012 pour les bâtiments résidentiels et dès 2010 pour les bâtiments tertiaires, l’objectif étant en 2020 de disposer de bâtiments à énergie positive.

L’un des enjeux est de produire des bâtiments à basse consommation à un coût raisonnable. La compétition entre les différentes énergies se fera en effet sur les coûts d’investissements. Dans cette optique, le premier axe est de jouer sur les générateurs. Or la chaudière à condensation est déjà en mesure de répondre aux enjeux mais nous devons néanmoins proposer de nouveaux produits pour aller plus loin. Le deuxième axe est de travailler sur l’équation économique entre la génération de chauffage et la diffusion de chaleur.

En résidentiel individuel, les innovations majeurs sur lesquels nous travaillons au sein de GDF Suez avec les industriels sont les écogénérateurs, qui couplent une chaudière à condensation avec un module de production d’électricité. Le client conserve ainsi le confort et la fiabilité d’une chaudière tout en produisant de l’électricité au prix du gaz naturel. Cette solution permet d’atteindre encore plus facilement un haut niveau de performance, comme le niveau bâtiment à basse consommation dans le neuf. En rénovation, les économies annuelles peuvent atteindre 30 % sur les factures de gaz et d’électricité. Une autre solution est celle des pompes à chaleur Gaz hybride : il s’agit d’ajouter une pompe à chaleur électrique au sein d’une chaudière à condensation. Ce produit permet de combiner les avantages des deux énergies : performance énergétique de la pompe à chaleur électrique en mi-saison, production d’ECS et performance constante même par temps froid du gaz naturel. A partir de 2012 ou 2013, nous envisageons la mise sur le marché de pompe à chaleur au gaz, qui permettent d’excellentes performantes et viendront compléter la gamme de produit gaz naturel.

En résidentiel collectif, la condensation a encore un rôle à jouer, notamment sous la forme de combinaisons de plusieurs modules, permettant d’atteindre le label Bâtiment à basse consommation à un coût maîtrisé. La condensation peut être complétée également par le solaire thermique collectif, l’innovation portant alors sur la compacité, la régularité des performances… Quant aux pompes à chaleur gaz à absorption, déjà disponibles sur le marché, elles sont à considérer comme des « super chaudières », aux coûts d’investissement réduits par rapport à leur concurrentes électriques.

La nécessité d’offrir des solutions optimisées en coût d’investissement nécessite de travailler sur les vecteurs de chauffage et l’intégration des systèmes. En terme de distribution de chaleur, nous utilisions jusqu’à lors le vecteur eau chaude. Nous réfléchissons maintenant au vecteur air, qui peut donner satisfaction dans les bâtiments parfaitement isolés, avec des coûts d’investissement plus faibles. En matière de chauffage décentralisé, les chaudières sont dimensionnées aujourd’hui sur l’eau chaude sanitaire et non sur le chauffage. Il serait possible de partager les chaudières entre deux ou trois appartements, à condition de maîtriser la compacité de l’évacuation des produits de combustion. Il est aussi envisageable de coupler les fonctions d’évacuation des produits de combustion et de ventilation des appartements, afi n de gagner de l’espace et d’offrir des solutions moins coûteuses.

En conclusion, GDF SUEZ accompagne les développements des produits à leur différent stade de maturité. Pour les chaudières à condensation, GDF SUEZ soutient la croissance du marché en améliorant l’intégration des solutions pour des bâtiments à basse consommation à coûts maîtrisés. Pour l’évacuation de produits de combustion, il s’agit d’identifier de nouvelles solutions techniques, en particulier pour autoriser l’installation de chaudière à condensation dans tous les cas de rénovation. Pour les pompes à chaleur, l’objectif est de diversifier l’offre existante pour les petites puissances. Pour l’écogénérateur, il convient d’offrir des solutions à très
haut rendement, en vue d’un lancement commercial en 2010. Enfin, la pile à combustible nécessite encore de la R&D mais elle sera particulièrement adaptée aux besoins futurs puisque les bâtiments seront de moins en moins consommateurs de chaud mais que les consommations d’électricité progresseront.

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