Epuisement des ressources

Notre société s’est épuisée à réaliser les rêves du passé. Quand les Américains sont allés sur la Lune, on a gueulé que c’est une nouvelle époque qui commence. Mais non : c’était une époque qui finissait. On a œuvré à réaliser Jules Verne : le dix-neuvième siècle… Le vingtième siècle  n’a pas préparé le vingt et unième  : il s’est épuisé à satisfaire le dix-neuvième. Le pétrole comme sine qua non d’une civilisation : tu te rends compte ? Toutes nos sources d’énergie sont chez les autres… C’est l’épuisement…

Romain Gary – Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable

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Google et l’énergie – entre syndrome du mirage technologique et parasitisme

Jeff Jarvis a publié un livre intitulé “Que ferait Google à votre place ?” (What Would Google Do ?) qui a fait grand bruit parmi les stratèges d’entreprise. Le principe en est simple et séduisant : transposer la stratégie que Google a développé sur son marché historique à l’ensemble des secteurs économiques, et le cas écheant, expliquer ce que Google prépare pour étendre son activité. D’autant plus séduisant quecomme toutes les entreprises qui  devienne pour un temps La Référence de la stratégie, il est nécessaire de s’interroger avec lucidité sur la pérennité du modèle proposé, et surtout sur son universalité. Pour prendre un exemple, il fut un temps où tout bon cadre supérieur ambitieux rêvait d’entrer chez IBM et force est de constater que le vent a tourné. Attention cependant, le propos n’est pas ici de questionner le modèle Google en général, mais de s’intéresser plus particulièrement à son approche de l’énergie, telle que rapportée par Jeff Jarvis et le projet Google PowerMeter.

Le chapitre énergie démarre par un rappel important sur la consommation d’énergie pléthorique liée à l’activité principale de Google, d’où un intérêt certain de l’entreprise pour accéder à de l’électricité à coût compétitif. Une observation attentive de l’allure d’un centre Google montre l’étendue du problème : un serveur c’est avant tout un super dissipateur d’électricité en chaleur, en témoigne la taille des batteries d’échangeur en toiture.

Serveur Google

Centre serveur de Google dans l’Oregon - Jason Bettineski

Jeff Jarvis propose alors un parallèle entre le discours d’Al Gore et celui de Google qu’il résume ainsi “Al Gore et ses amis veulent augmenter le prix du carbone – c’est-à-dire le prix de la pollution – tandis que l’équipe Google veut abaisser le coût de l’énergie”. Et Larry Brillant, directeur général de la fondation Google.org, d’ajouter “Ce qu’il faut trouver, c’est une nouvelle méthode de production d’électricité – non des techniques de réduction de de la consommation”. Un discours que l’on trouve si présent dans la prospective énergétique… d’avant 1980 ! La lecture de l’article de Pierre Bonnaure dans le numéro 354 de la revue Futuribles intitulé “Scénario pour 200 ans. Retour sur le rapport du Hudson Institute de 1976″ est particulièrement édifiante sur la foi de l’époque dans le progrès technologique. Foi remise à mal par la dissipation du mirage dans les années suivantes qui ont vu apparaitre la saturation des efficacités de production énergétique et des désillusions telles que la fusion nucléaire, repoussée en 2050 voire 2100. Malgré tout, le syndrome du miracle technologique sauvant nos économies droguées à l’énergie a en effet vécu parmi les experts du domaine, mais il fait encore des ravages chez de nombreux économistes, politiques et stratèges qui en sont atteints, à commencer par ceux de Google. Et Jeff Jarvis d’insister en rêvant d’un Google Energie “A quoi ressemblerait une compagnie d’électricité gérée d’après la méthode Google ? Il y a fort à parier qu’elle nous fournirait autant d’électricité que l’on voudrait en consommer”.

“Autant que l’on voudrait en consommer”, voilà certainement un élément à décrypter. Le postulat est en effet que le consommateur ne doit surtout pas être restreint, au point que Larry Brillant rejette les seules “techniques de réduction de consommation”, sans même imaginer qu’une des clés de notre futur énergétique repose très certainement sur les comportements de sobriété énergétique. Il ne s’agit pas de limiter les services que nous rendent l’énergie, il s’agit d’utiliser l’énergie utilement : à quoi nous sert un ordinateur allumé et non utilisé ? Un élément qui échappe nécessairement aux approches purement techniques de la prospective énergétique de Google, quoique… En effet, Google a de multiple visage et Jeff Jarvis cite, sans en souligner la contradiction avec les propos précédent, que Google pourrait alerter les consommateurs sur leur consommation d’énergie et du coup “nous donneraient les moyens de savoir où faire des économies”. Curieusement, la question de la sobriété et de l’efficacité ne serait donc pas totalement ignorée par Google, et pour cause ! Google peut y voir une intéressante possibilité de développer son métier : cibler des audiences publicitaires.

Imaginez les serveurs Google, qui disposent déjà de vos historiques de recherche sur Internet, s’ils disposaient également de vos consommations énergétiques, en particulier électrique, et s’ils croisaient les deux pour vous sélectionner des produits ou services au plus près de votre mode de vie. Accéder à une consommation d’électricité à une maille un peu fine – la consommation toutes les minutes par exemple – revient à connaitre en temps réel ce que vous faites chez vous : combien vous êtes dans votre foyer, quand vous êtes chez vous, quand vous prenez vos repas ou vos douches, si vous possédez un lave-vaisselle ou un écran plasma… Autant dire que vous n’auriez plus de secret pour Google. Mais ce sera bien évidemment pour votre bénéfice, pour vous indiquer quelles économies d’énergie vous pouvez réaliser et surtout chez qui vous pourrez acheter des lampes basse consommation ou un réfrigérateur plus efficace que celui que vous avez actuellement ! Si les bénéfices pour Google sont évident, ceux que le consommateur tirerait sont plus minces.

Jeff Jarvis ne savait peut-être pas encore lors de l’écriture de son ouvrage que ce monde rêvé est en préparation active chez Google, comme en témoigne le projet de la fondation Google.org intitulé “Google PowerMeter“.

Google PowerMeter

Google PowerMeter - Google.org

Google.org nous présente le projet, en insistant plus que fortement sur la gratuité : “Google PowerMeter est un outil gratuit d’affichage des consommations d’électricité qui vous procure des informations que la quantité d’énergie que votre foyer consomme. Google PowerMeter reçoit les informations des compteurs intelligents des fournisseurs d’énergie et des  appareils domotiques de gestion de l’énergie  et vous restitue cette information sur iGoogle (votre page d’accueil Google personnalisée). Et, Google PowerMeter est gratuit.” (traduction de l’auteur depuis le site en anglais). Gratuit et pour cause ! les coûts principaux seront en réalité supportés par les énergéticiens  pour la mise en place des compteurs intelligents – tel le projet Linky d’ErDF en France – ou les consommateurs qui s’équiperont en domotique. Les coûts de serveur minimes de Google seront bien évidemment largement compensés par la mine d’informations qu’ils seront capable de récolter. Google est donc prêt à appliquer sa stratégie éprouvée de désintermédiation au domaine de l’énergie, devenant de fait l’intermédiaire entre les consommateurs, éventuellement les fournisseurs d’énergie et surtout les fournisseurs d’équipements consommateurs d’énergie et les sociétés de service énergétique, en faisant supporter le coût par ces mêmes acteurs. Une stratégie qui serait proche du parasitisme mais qui pourrait se justifier si elle apportait réellement une valeur ajoutée au consommateur pour le faire dépenser moins d’énergie. Mais est-si sûr ? Google a publié une vidéo qui mérite un examen détaillé tant le message semble séduisant à première vue.

Commençons par la citation de Lord Kelvin “si vous ne pouvez pas mesurer, vous ne pouvez pas améliorer” qui semble assoir cette vidéo sur le plus grand sérieux scientifique qu’il soit, tout en conservant l’esthétique “fun” propre à Google. Gageons que la citation de Lord Kelvin a été sortie d’un contexte plus restrictif car cette citation, qui renvoie à une vision extrêmement scientiste du monde, propose une logique manifestement fausse appliquée à des généralités, de nombreux exemples pouvant contredire l’affirmation. Pour prendre un exemple volontairement outré, a-t-on vraiment besoin de savoir le nombre d’exécution capitale en Chine pour pouvoir agir en faveur de l’abolition de la peine de mort ? D’autres exemples plus subtiles viennent à l’esprit, comme dans le domaine de la santé publique où l’absence ou la faible représentativité des données épistémologiques n’empêchent nullement le développement de la prévention et de l’accès au soin. La mesure s’avère toutefois indispensable pour réaliser des arbitrages et fixer des priorités d’action, ou – et c’est là une absence significative dans le discours de Google – des ordres de grandeur des phénomènes en jeux. Continuons notre parcours de cette vidéo pour constater à quelle point cette omission est importante.

Ed Lu, ingénieur à Google, indique que Google est persuadé que disposer d’informations sur nos consommations nous permettra de faire des choix intelligents et d’économiser de l’énergie. Ici, le terme “information” reste volontairement flou, et pour cause ! Est-ce réellement nécessaire de disposer d’une information extrêmement détaillée pour réaliser des économies d’énergie. Non évidemment, les principales économies d’énergie que vous pourrez faire vont du bon sens, éteindre les appareils non utilisés par exemple, à l’accès à une information de base comme l’étiquette énergie sur les appareils électroménager. Attention, il est évident qu’une information plus détaillée peut permettre d’aller plus loin et d’ajuster plus finement son comportement, nous y reviendrons, mais est-ce vraiment ce qui est mis en avant par Google ? La suite de la vidéo incite à répondre négativement en présentant une visualisation proposé à l’utilisateur, assortie d’une interview de Karen Taylor, chef de programme à Google.org, expliquant que le suivi des consommations lui a permis d’économiser de l’énergie. Mais comment ?

Google PowerMeter -ecran

Exemple de visuel Google PowerMeter - Google.org

A la vue de l’écran de restitution de Google PowerMeter, que pouvons nous apprendre ?

  • Qu’un sèche-linge appelle une très forte puissance électrique, et une forte consommation d’énergie, information redondante avec une simple étiquette énergie
  • Que le réfrigérateur et le serveur internet consomment toute la journée, il faut donc faire attention à ce que leur efficacité énergétique soit importante, information qu’une brochure générique peut fournir

Bref, une information à faible valeur ajoutée en soi, mais qui nécessite au passage d’être capable de lire un graphe de consommation journalière, ce qui est loin d’être donné à tout le monde, contrairement à des outils pédagogiques destinés au grand public. Ainsi, il pourrait être plus judicieux de pouvoir donner une information générale sur la consommation des différents équipements d’une maison,  la majorité des consommateurs sont en effet incapables d’indiquer quel est leur appareil le plus consommateur, entre ceux très puissants mais utilisés dans des temps court ou ceux de plus faible puissance mais utilisé en continue par exemple. D’autres informations générales sur la sobriété et l’efficacité énergétique permettraient également d’orienter les comportements et les décisions d’équipements en faveur des économies d’énergies, sans nécessiter une information sur mesure.

Passons sur le truisme final de Google “si vous pouvez le mesurer, vous pouvez l’améliorer”  pour revenir sur la question de l’utilité d’une information précise sur ces propres consommations. Il est probable que 80% des économies d’énergie sont atteignables sans y avoir recours, mais les 20% restants sont loin d’être à négliger face aux enjeux énergétiques et environnementaux. De plus, il existe pour l’électricité un réel intérêt de décaler ces consommations aux heures de plus faible appel de puissance sur le réseau, pour lisser la courbe de charge du système électrique et ainsi optimiser le fonctionnement du parc de production et minimiser les investissements nécessaires. La mise en place de tarifications évoluées, allant plus loin que les tarifs heures pleines / heure creuses ou Tempo en France, et la possibilité de pouvoir analyser sa consommation finement permettraient d’agir dans ce sens. Mais est-ce pour autant nécessaire de permettre une intrusion si massive dans la vie privée qu’autorisent les compteurs intelligents, en particulier gérés par un opérateur de type Google ? Des équipements plus simples ne communicant pas vers l’extérieur pourraient être préférés, sans permettre l’ensemble des possibilités offertes par la communication et le contrôle à distance. Un service publique présentant des garanties d’anonymat et de protection de la vie privée pourrait être mis en place, sans offrir des garanties suffisantes quant à l’évolution de sa gouvernance. Cette question dépasse largement le cadre de cette article mais mérite d’être posée à l’heure des projets de déploiement généralisé de compteur intelligent tels que Linky d’ErDF en France et des ambitions de Google dans ce domaine.

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Cherchez l’erreur parmis les énergies renouvelables citées par Hugo

Utilisez la nature, cette immense auxiliaire dédaignée. Faites travailler pour vous tous les souffles des vents, toutes les chutes d’eau, tous les effluves magnétiques. Le globe a un réseau veineux souterrain ; il y a dans ce réseau une circulation prodigieuse d’eau, d’huile, de feu ; piquez la veine du globe, et faites jaillir cette eau pour vos fontaines, cette huile pour vos lampes, ce feu pour vos foyers. Réfléchissez au mouvement des vagues, au flux et reflux au va-et-vient des marées. Qu’est-ce que l’ Océan ? une énorme force perdue. Comme la terre est bête ! ne pas employer l’océan.

Victor Hugo –  Quatrevingt-treize

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Rapport WBCSD – Efficacité Energétique des Bâtiments

Un article pour vous signaler la sortie du rapport “Transforming the market” du groupe Efficacité Energétique des Bâtiments (EEB – Energy Efficiency in Buildings) du Conseil Mondial des Entreprises pour le Developpement Durable (WBCSD – World Business Council for Sustainable Development). Vous pouvez téléchargez le rapport et la feuille de route sur le site du WBCSD, uniquement en anglais pour l’instant.

Le bâtiment compte aujourd’hui pour 40% de la consommation mondiale d’énergie. Leurs émissions de gaz à effet de serre sont supérieures à celles du secteur des transports, indique l’étude.

6 marchés ont été analysés : le Brésil, la Chine, l’Europe, l’Inde, le Japon et les Etats-Unis. A elles seules, ces régions représentent les deux tiers de la consommation d’énergie du bâtiment.

L’étude a évalué des millions de bâtiments existant ou à venir, à partir d’un modèle informatique prenant en compte des facteurs tels que le climat et l’architecture des régions concernées. Les simulations ont permis de montrer quelles réponses le marché devrait apporter selon diverses combinaisons de moyens financiers, techniques, comportementaux, et des options politiques choisies.

A l’issue de 4 années de recherche, le Conseil est parvenu à la conclusion selon laquelle il est possible de réduire de 60% la consommation du secteur du bâtiment, à condition de suivre une feuille de route articulée autour de 6 recommandations :

* Le renforcement de la réglementation et de l’étiquetage, pour une transparence accrue.

* Le recours à des subventions et des incitations tarifaires pour stimuler les investissements en efficacité.

* L’encouragement d’une approche intégrée au niveau de la conception.

* La mise au point et l’utilisation de technologies avancées pour accompagner et encourager les comportements économes.

* Le développement des formations et filières de compétences nécessaires.

* Une mobiliation de la société autour d’une prise de conscience générale des enjeux des économies d’énergie

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Prévision, piège à con ?

Pour réussir, il ne suffit pas de prévoir. Il faut aussi savoir improviser.

Isaac Asimov

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Eclairage basse consommation : le retour de l’obscurantisme ?

A l’heure où les politiques européennes et nationales de maîtrise de la demande d’énergie affichent des ambitions fortes, force est de constater l’apparition d’une réaction de plus en plus vive. L’article de M. Rémy Prud’homme, économiste et professeur émérite à l’université de Paris-XII « La lampe à basse consommation, une idée faussement lumineuse » publié dans Les Echos du 10 mars 2009(1) est un exemple frappant de cette tendance. L’argument majeur avancé par l’auteur pour remettre en question la politique d’interdiction progressive des lampes à incandescence repose sur l’inutilité de toute politique d’efficacité énergétique puisque les technologies les moins efficaces permettraient pour ainsi dire se chauffer gratuitement. En l’occurrence la chaleur dégagée par les ampoules permettrait aux français de se chauffer économiquement et écologiquement.

Il est intéressant de constater à ce stade que le même raisonnement peut-être appliqué à toute mesure d’efficacité des appareils électriques : les pertes dégagées par les réfrigérateurs anciens, les appareils en veille ou encore la télévision qui n’a pas été éteinte constitueraient un bon moyen de chauffage. Théorie surprenante qui impliquerait de développer des usages inefficaces afin de couvrir les besoins de chauffage des bâtiments. Ainsi, la réglementation thermique des bâtiments, historiquement une des premières politique de maîtrise de la demande lancée en France en 1975, pourrait avantageusement être abandonnée au profit d’un développement massif de l’éclairage halogène le plus énergivore… Mais au-delà de la surprenante philosophie sous-jacente de cet article, deux points sont particulièrement critiquables : la valorisation des pertes pour le chauffage et la méthode d’évaluation des émissions de CO2.

D’une part, si les pertes des appareils électriques sont valorisables en hiver pour chauffer les logements, il n’en est évidemment pas de même en été où elles entraînent soit des inconforts soit des augmentations de consommation de climatisation, particulièrement dans le secteur tertiaire. Même en mi-saison, il est courant que les pertes d’éclairage combinées aux dégagements de chaleur des appareils de cuisson et de l’activité humaine provoquent des surchauffes temporaires des logements sans nécessairement baisser la consommation de chauffage : nous avons plutôt l’habitude d’ouvrir les fenêtres en cas de surchauffe que de penser à emmagasiner la chaleur « gratuite » dégagée par nos équipements… Aux pertes incontrôlées dégagées quelques soient les conditions ne faut-il pas préférer la chaleur fournie par un système de chauffage performant et bien régulée ? Ainsi, prôner la valorisation des pertes électriques revient non seulement à minorer les problématiques de consommation de climatisation, mais également à ignorer toute solution de chauffage performante. Nous serions dès lors condamné à nous contenter de la performance de l’effet Joule, c’est-à-dire de la production de chaleur par résistance électrique dans les ampoules par exemple, sans nous autoriser des solutions plus évoluées telles que les pompes à chaleur électriques avec des performances de 2 à 4 fois supérieures ou encore l’utilisation d’énergies renouvelables thermiques telles que le bois.
D’autre part, l’article repose sur l’idée que puisque le parc de production français est principalement nucléaire, le remplacement des lampes économisera de l’électricité peu carbonée et augmentera les consommations de fioul et de gaz naturel plus carbonés utilisés pour le chauffage. Cet argument est pour le moins surprenant pour un économiste qui devrait connaître le principe fondamental de l’économie de la production électrique : l’appel des moyens de production par coût marginaux croissants. Ainsi, quand la demande française est faible, les producteurs d’électricité exploitent en priorité les moyens dits fatals ou à coût d’exploitation quasi-nul (hydraulique fil de l’eau, éoliennes…), puis le parc nucléaire à coût d’exploitation faible, de l’ordre de 5 à 10 €/MWh, et enfin les centrales thermiques fossiles les plus coûteuses avec des coûts d’exploitation supérieurs à 30 €/MWh(2). Or la consommation d’électricité pour l’éclairage des logements apparaît logiquement dans les périodes de forte consommation du matin et du soir, où le nucléaire ne suffit quasiment jamais à couvrir l’ensemble de la demande française : les centrales thermiques fossiles fonctionnent alors nécessairement et il suffit d’observer les données de production fournies par RTE pour s’en convaincre(3). Le premier étudiant en économie venu comprendra aisément qu’en cas de baisse de la consommation pendant ces périodes, les producteurs ont tout intérêt à arrêter en premier lieu les centrales les plus coûteuses, donc les centrales thermiques classiques, avant de baisser la production nucléaire. En conséquence, toute baisse de la consommation électrique dans ces plages horaires se traduit par une économie de gaz, de charbon et de fioul, donc de forte économie de CO2. En caricaturant le problème, le choix se situe entre chauffer les logements avec les pertes des ampoules électriques couvertes par une production au fioul avec un rendement de l’ordre de 30% ou se chauffer avec une chaudière fioul avec un rendement de l’ordre de 90%. Ainsi, Serge Orru, directeur de WWF France, a publié une tribune(4) qui évalue le bénéfice à 8 millions de tonnes de CO2 avec une approche « marginale » similaire et non 3 millions de tonnes de CO2 supplémentaires comme le suggère Rémy Prud’homme. Il est possible de discuter longuement des hypothèses mais la réduction des émissions de CO2 par le remplacement des lampes à incandescentes est une certitude.
Faut-il pour autant en conclure que les lampes basse consommation sont une bonne solution technologique ? Il faudrait pour répondre mener une analyse complète des conséquences d’un développement massif de cette technologie, tant sur le plan économique qu’écologique au sens plus large que les seules émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, la question du recyclage et de la toxicité de certains matériaux utilisés pour leur fabrication mérite des analyses de cycle de vie pour évaluer les risques de transfert de pollution. Ces travaux dépassent le cadre de cet article. Une certitude demeure : toute politique de maîtrise de la demande d’énergie est pertinente. En particulier, toute économie d’électricité est bonne à prendre, que ce soit durant les plages de fonctionnement des centrales thermiques les plus polluantes que pendant les plages de fonctionnement des moyens non carbonés. En effet, le rôle croissant que pourra jouer l’électricité à l’avenir, en particulier dans les transports, nécessitera de dégager des capacités de production peu carbonées en économisant sur les usages les plus facilement accessibles au profit des usages où les possibilités techniques d’économie sont plus réduites.

(1) « La lampe à basse consommation, une idée faussement lumineuse » – Rémy Prud’hommes, Les Echos du 10 mars 2009 http://www.lesechos.fr/journal20090310/lec1_idees/4840115.htm

(2) Attention à ne pas confondre les coûts d’exploitation, ou coûts marginaux court terme, qui régissent l’ordre d’appel des moyens de production existant et les coûts complets, ou coûts marginaux long terme, qui régissent les décisions d’investissement dans les moyens de production. La différence provient de la prise en compte des coûts d’investissements : les coûts d’exploitations sont toujours inférieurs aux coûts complets.

(3) RTE – production réalisée pour le parc de référence http://www.rte-france.com/espace_clients/fr/visiteurs/vie/prod/realisation_production.jsp

(4) “Une idée vraiment lumineuse” – Serge Orru, Les Echos du 6 avril 2009, http://www.lesechos.fr/info/analyses/4850626-une-idee-vraiment-lumineuse.htm

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Le passé, voilà l’ennemi !

Il y a d’étranges possibilités dans chaque homme. Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n’y projetait déjà une histoire. Mais, hélas ! un unique passé propose un unique avenir – le projette devant nous, comme un pont infini sur l’espace.

André Gide

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Les défis énergétiques de l’habitat du futur

Article publié dans la Revue des Mines n°436 novembre 2008 – hors-série “Habitat du futur et Développement Durable”

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, la construction neuve va connaître une forte évolution avec le passage en 2012 au niveau BBC (Bâtiment Basse Consommation, soit une consommation de 50 kWh/m²/an en moyenne). Pour atteindre, dès 2020, le niveau de bâtiments à énergie positive (bâtiments produisant plus d’énergie qu’ils n’en consomment), de nouvelles solutions sont amenées à se développer pour apporter les réponses les mieux adaptées aux différents types de bâtiments et aux attentes des utilisateurs.

Cependant, la question de l’habitat du futur pose également la question du devenir de l’habitat existant. En effet, si le faible rythme de renouvellement actuel se maintient, 75% du parc de bâtiment en 2050 sera constitué de bâtiments déjà construits aujourd’hui. Dans l’existant, les mécanismes réglementaires qui se mettent en place préfigurent les futures exigences sur ce secteur, avec l’ambition affichée de réduire de 38 % la consommation des bâtiments existants d’ici 2020. Les technologies seront à combiner en fonction des contraintes spécifiques à la rénovation, et la diversité des situations nécessitera une adaptation des solutions déjà disponibles dans la construction neuve voire un développement de technologies spécifiques.

Pour répondre à ces enjeux, il est nécessaire de mobiliser trois leviers d’action complémentaire : la réduction des besoins par l’isolation et les approches bioclimatiques, les équipements performants et leur couplage aux énergies renouvelables. Les technologies performantes matures, telles que la chaudière à condensation ou les pompes à chaleur électriques, sont d’ores et déjà proposées dans les offres commerciales. Pour répondre aux défis de l’habitat du futur, la Direction de la Recherche et de l’Innovation de GDF SUEZ déploie son savoir faire pour s’assurer de la disponibilité la plus rapide de solutions encore plus performantes telles que les chaudières électrogènes et les pompes à chaleur gaz. L’article apporte un éclairage plus spécifique sur les technologies au gaz naturel, énergie qui conservera une place essentielle dans le mix énergétique futur, car elle répond aux objectifs environnementaux les plus ambitieux.

1er levier : la sobriété

La sobriété d’abord, puisque le kWh le moins polluant et le moins cher est celui qu’on ne consomme pas. Cela suppose des logements avec une isolation performante mais également une optimisation de la conception avec les approches bioclimatiques visant à mieux intégrer l’habitat neuf dans son environnement. Le bioclimatique d’été permet de baisser les températures dans le logement (de l’ordre de 5°C aux heures les plus chaudes) et assurer un confort sans recours à la climatisation. Le bioclimatique d’hiver en maximisant la récupération d’énergie permet de diminuer les consommations de chauffage jusqu’à 10% par rapport à une construction standard. Ces deux approches ne sont pas nécessairement compatibles, il faudra donc adapter la démarche en fonction des climats des régions où seront implantés les futurs logements.

Réalisation d’ une maison bioclimatique près de Valence avec une approche architecturale simple et facilement reproductible

Réalisation d’ une maison bioclimatique près de Valence avec une approche architecturale simple et facilement reproductible

2eme levier : la performance

La recherche de la performance passe par le recours à des systèmes de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire évolués tels que les chaudières à condensation et les pompes à chaleur électriques qui permettent dès aujourd’hui d’atteindre les exigences des bâtiments basse consommation, avec un surcoût réduit.

D’autres équipements sont en cours d’introduction sur le marché tel que les chaudières électrogènes. Les chaudières électrogènes sont le résultat de l’intégration d’une micro-cogénération dans une chaudière performante au gaz naturel. Ainsi, la chaudière électrogène conserve tous les avantages de la chaudière individuelle (performance, fiabilité, faible entretien) avec l’atout d’une production d’électricité à domicile. Concomitante aux périodes de forte consommation électrique où le parc de production d’électricité thermique à flamme est sollicité, la production électrique saisonnière des chaudières électrogènes offre une réelle complémentarité avec la production centralisée peu carbonée en base (parc nucléaire et éolien). Ainsi, les chaudières électrogènes apportent au réseau électrique un soutien saisonnier et journalier lors des pointes de consommation (vague de froid par exemple). Cette technologie permet ainsi d’économiser jusqu’à 15 % d’énergie primaire et 25% d’émission de CO2 par rapport aux meilleures technologies de chauffage disponibles. Les solutions actuelles, basées sur un moteur Stirling, couvrent 100% des besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire des logements, et 50 à 80% des besoins en électricité d’un ménage. Si les produits basés sur la technologie Stirling existent d’ores et déjà, leur production et leur commercialisation à grande échelle débuteront à partir de fin 2009.

Chaudière électrogène murale pour maison et appartement (source De Dietrich)

Chaudière électrogène murale pour maison et appartement (source De Dietrich)

A l’horizon  2015, des perspectives d’évolution sont d’ores et déjà identifiées avec le passage à la technologie pile à combustible, qui n’est pas encore mature en termes de coûts et de durée de fonctionnement mais qui permettra de produire plus d’électricité que de chauffage. Or, les bâtiments neufs de demain seront très performants avec de faibles besoins en chauffage, tandis que leurs besoins en électricité vont aller croissant : la pile à combustible sera donc tout à fait adaptée à ces nouvelles demandes. Cependant, elle ne pourra pas servir de prétexte à une augmentation incontrôlée des consommations d’électricité spécifique. L’amélioration des technologies de production d’électricité doit être concomitante à la maîtrise de la demande sur les équipements électroménagers (mais les marges de progression restantes sont faibles), l’éclairage (marge de progrès importante avec les lampes basse consommation et surtout les LED), et l’électronique de loisir (marge de progrès notamment sur les veilles mais marge avant tout d’ordre comportemental).

Dans l’existant, les contraintes techniques liées aux équipements sont fortes : haute température des réseaux de chauffage existant peu compatible avec les pompes à chaleur, problème d’évacuation des produits de combustion dans les conduits anciens… Il est donc nécessaire d’adapter les technologies à chaque situation pour s’assurer de leur diffusion sans contre-référence. Ainsi, GDF SUEZ est pilote du projet NOHEE (Nouvelles Offres de rénovation à Haute Efficacité Energétique) dans le cadre du PREBAT qui vise à développer des solutions d’évacuation des produits de combustion dédiées à la problématique de l’existant et permettant une plus large diffusion des chaudières à condensation.

3eme levier : le choix énergétique

Le choix énergétique influe bien évidemment sur la performance environnementale des logements. La France a fait le choix unique de développer à la fois un parc de production électrique peu carboné grâce au nucléaire et à l’hydraulique, complété par un réseau dense de distribution de gaz naturel, énergie conventionnelle la moins émettrice de gaz à effet de serre. La question du futur énergétique du bâtiment n’est pas tant de savoir s’il faut plus d’électricité ou plus de gaz dans le mix énergétique que d’orienter le mix énergétique vers plus de pénétration des énergies renouvelables pour répondre aux enjeux de demain.

Ainsi, le couplage entre les solutions gaz naturel performantes et les énergies renouvelables permet de dépasser les performances intrinsèques des technologies gaz pour réduire encore plus les impacts environnementaux. Par l’utilisation du vecteur eau chaude, le gaz naturel s’associe naturellement avec le solaire thermique, la biomasse et grâce aux pompes à chaleur gaz, il permet de valoriser les sources d’énergies renouvelables que constituent l’aérothermie et la géothermie. Les pompes à chaleur gaz naturel qui puisent l’énergie gratuite et renouvelable contenue dans l’air ou dans le sol sont des solutions intégrées alliant la performance du gaz naturel et des énergies renouvelables. Deux technologies sont proposées actuellement par les constructeurs pour les marchés de l’habitat collectif et du tertiaire :

  • les pompes à chaleur à moteur gaz offrent des performances élevées sur le plan énergétique aussi bien en production de chaud avec coefficient de performance (COP)  en énergie primaire[1] de 1,6 que de froid avec une efficacité énergétique (EER) en énergie primaire de 1,4, tirant profit de la récupération de chaleur sur le moteur gaz, avec un confort accru par rapport aux matériels concurrents (puissance garantie et absence de cycles de dégivrage)
  • les pompes à chaleur à absorption, véritables « super chaudières » offrent des performances très élevées en chaud avec des COP en énergie primaire de 1,7 et permettent une production d’appoint de froid, à un coût d’investissement modéré et un entretien réduit

Des PAC à absorption de petite puissance ne dépassant pas 10 kW et entièrement dédiées aux maisons individuelles sont actuellement en cours de développement. Certains constructeurs souhaiteraient les commercialiser à l’horizon 2015, avec l’aide d’un programme de recherche de GDF SUEZ destiné à assurer une sortie des produits à l’échéance la plus brève possible en France.

Solution incontournable pour l’atteinte de bâtiment à énergie positive, les panneaux photovoltaïques viennent compléter les solutions énergétiques par une production électrique complémentaire aux chaudières électrogènes : quand les unes produisent plus l’hiver, le photovoltaïque prend le relais en période estivale assurant une stabilité de la production électrique durant l’année.

La marge de progrès technique des solutions gaz seules ou couplées aux énergies renouvelables permettra de répondre aux défis énergétiques de l’habitat de demain

La marge de progrès technique des solutions gaz seules ou couplées aux énergies renouvelables permettra de répondre aux défis énergétiques de l’habitat de demain

Passer du produit au marché

Pour répondre aux enjeux énergétiques de l’habitat du futur, le développement de nouvelles solutions autour de la performance énergétique est essentiel mais il est également nécessaire de s’assurer que ces nouvelles technologies puissent se diffuser largement sur le marché résidentiel. Or, ce marché se caractérise par des temps longs de diffusion des innovations : les chaudières à condensation et les pompes à chaleur électriques introduites dans les années 1980 n’ont commencé à se diffuser massivement que depuis 2000. Pour répondre à l’urgence de l’enjeu, il faut donc également prévoir d’accompagner tous les acteurs afin de parvenir à des diffusions plus rapides des innovations.

Pour les particuliers, la décision d’investir dans la performance énergétique, notamment dans l’existant, est une décision très impliquante à la fois sur un plan budgétaire mais également sur un plan social et symbolique. En effet l’habitat est le lieu d’ancrage affectif de la famille, et la décision d’investissement renvoi à des logiques de recherche de sens et des logiques identitaires d’affirmation de son statut social. Il est donc particulièrement sensible d’intervenir dans ce contexte en invoquant seulement des argumentaires techniques ou économiques qui ne touchent qu’une catégorie de la population et qui sont de plus mis en cause par la complexité et l’opacité du parcours d’installation. Or une politique ambitieuse d’amélioration de la performance énergétique doit toucher l’ensemble des ménages, quelque soient leurs motivations, il faut donc rassurer le plus grand nombre en leur proposant des solutions clairement identifiées, dont les performances et la fiabilité sont attestées. Ainsi, les participants du Grenelle de l’environnement ont-ils proposé des « bouquets de travaux », c’est-à-dire un ensemble d’actions unitaires  (par ex. remplacement de  chaudière, isolation, ventilation, régulation, pose de robinets thermostatiques etc.) cohérentes entre elles, dont la performance globale est attestée et qui puissent favoriser la structuration d’une filière de la rénovation, multi-corps de métiers et mobilisée autour de la performance globale. Toutefois, un logement peu performant initialement nécessite un investissement pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros, limitant de fait le nombre de rénovations, notamment pour les ménages aux revenus modestes. Un soutien est donc nécessaire pour les particuliers et la montée en compétence de la filière en incitant financièrement à la réalisation de travaux groupés fondés sur des techniques et technologies performantes, maîtrisée par la filière de rénovation et permettant d’atteindre de hauts niveaux d’économies d’énergie.

Pour les gestionnaires de parc, la hauteur des investissements à consentir nécessite en général de planifier les investissements dans le temps. Se pose alors la question de la cohérence des choix pour qu’un investissement partiel à un instant donné ne mette pas en péril l’objectif final de performance énergétique, tout en respectant les contraintes budgétaires. Pour répondre à cette problématique pour les bailleurs sociaux, GDF SUEZ assure la coordination du projet CIBLE dans le cadre de la Fondation Bâtiment Energie (www.batiment-energie.org), en collaboration avec OSICA, Pouget Consultants, le COSTIC et le CEP/ARMINES dont le but est de développer une méthodologie permettant à ces bailleurs de planifier en plusieurs étapes sur plusieurs décennies, les rénovations à réaliser sur un parc de logements existants avec comme objectif le facteur 4.

Enfin, les entreprises intervenant sur l’habitat doivent également adapter leurs métiers pour promouvoir la performance énergétique. Par exemple,, GDF SUEZ fait la promotion de l’efficacité énergétique dans les bâtiments en intégrant systématiquement les économies d’énergie dans ses offres commerciales qui visent à promouvoir une utilisation rationnelle de l’énergie comme élément de confort et participe également au groupe de travail Energy Efficiency in Building du World Business Council for Sustainable Development (WBCSD – EEB, www.wbcsd.org/web/eeb) qui vise à généraliser les bâtiments à énergie positive à l’échelle mondiale à l’horizon 2050.

En offrant des solutions globales et des services en faveur de la performance des bâtiments et en développant des nouvelles technologies efficaces et respectueuses de l’environnement, GDF SUEZ s’engage pour répondre aux enjeux de l’habitat d’aujourd’hui et de demain.


[1] Le COP en énergie primaire reflète la performance globale de la solution. Ainsi, pour les pompes à chaleur électriques, le COP en énergie finale (typiquement de l’ordre de 3) ne peut se comparer directement au COP des pompes à chaleur gaz. Ramené en énergie primaire, les COP des pompes à chaleur électriques (typiquement de 3/2,58 = 1,2) sont du même ordre que les pompes à chaleur gaz.

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Coupable mais pas responsable ?

“Vouloir édifier l’avenir à l’imitation du passé, quelle coupable folie !..”

André Gide – Journal

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Le fond de l’avenir effraie

“De cette acceptation du peuple par les lords sort le bill des droits, ébauche de nos droits de l’homme, vague ombre projetée du fond de l’avenir par la révolution de France sur la révolution d’Angleterre.”

Victor Hugo – L’homme qui rit

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